« J'ai toujours imaginé l'âme humaine comme une maison du Trésor à pièces multiples, les unes pleines de choses précieuses et les autres vides. Beaucoup d'hommes, la majorité des hommes, passent toute leur vie dans les petites salles vides aux portes toujours ouvertes parce que les autres sont fermées à double tour et que les clés n'en sont accessibles qu'à ceux qui ont le courage d'affronter le feu des pires tourments. Moi le vide et les ténèbres m'ont toujours fait peur. C'est pour cela que j'ai toujours chercher à trouver les clés de mes trésors. Mais les trésors eux-mêmes sont trompeurs. Dès qu'on en a trouvé un, on a envie de découvrir les autres, les plus cachés, ceux que peut-être seule la mort est à même de nous révéler. Mais cela ne nous empêche pas de les désirer de toute l'avidité des avares... C'est peut-être là une convoitise bien vaine... Mais sans elle, la vie n'aurait aucune valeur et ne se différencierait en rien de celle du moindre insecte ! Je sens qu'aujourd'hui je viens de trouver un nouveau trésor et que je dois être prêt à tous les sacrifices pour le sauvegarder ! »
In La Forêt des pendus de Liviu Rebreanu







