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    Messages postés par Mai Tai

    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      Merci à toutes les deux pour cette jolie battle. Bravo à @ayamé qui l'emporte !

      Voici la deuxième battle :

      🥊 @Leitmotiv vs @Mai-Tai 🥊

      Extrait de Leitmotiv

      Pendant un moment, après que M. et Mme Darling eurent quitté la maison, les veilleuses continuèrent à brûler d’une lumière claire au chevet des trois enfants. C’étaient de petites veilleuses terriblement jolies, et l’on ne peut s’empêcher de regretter qu’elles ne soient pas restées éveillées pour voir Peter ; mais la veilleuse de Wendy cligna des yeux et fit un tel bâillement que les deux autres bâillèrent aussi, et avant qu’elles aient pu refermer la bouche, elles étaient toutes les trois éteintes.
      À présent une autre lumière éclairait la pièce, mille fois plus lumineuse que les veilleuses, et en moins de temps qu’on n’en a pris pour le dire, elle avait visité tous les tiroirs de la chambre, à la recherche de l’ombre de Peter, fouillé l’armoire et retourné toutes les poches. Ce n’était pas vraiment une lumière. Elle produisait de la lumière en se déplaçant par éclairs, mais lorsqu’elle finissait par se reposer une seconde, on pouvait voir qu’il s’agissait d’une fée, pas plus grande que votre paume, encore en pleine croissance. C’était une fille, nommée Clochette, vêtue d’une délicieuse robe de feuilles mortes, au décolleté carré, qui mettait parfaitement en valeur sa silhouette, dont les formes avaient des rondeurs ravissantes.
      Un moment après l’entrée de la fée, un souffle ouvrit la fenêtre, poussé par les petites étoiles, et Peter jaillit à l’intérieur. Il avait transporté Clochette une partie du chemin, et ses mains étaient encore couvertes de poussière de fée.
      « Clochette, appela-t-il doucement après s’être assuré que les enfants dormaient, Clochette, où es-tu ? » Elle était pour le moment à l’intérieur d’une cruche, ce qui lui plaisait extrêmement. C’était la première fois qu’elle visitait une cruche.
      « Oh, sors de cette cruche ! Et, dis-moi, sais-tu où ils ont mis mon ombre ? »
      Le plus beau des tintements, comme celui que feraient des clochettes d’or, lui répondit. Telle est la langue des fées. Vous autres, comme la plupart des enfants, vous ne l’entendez jamais, mais si vous l’entendiez, vous comprendriez que c’est un son que vous avez déjà perçu une fois.
      Clochette disait que l’ombre était dans la grande boîte. Elle voulait parler de la commode, et Peter sauta sur les tiroirs, puis éparpilla des deux mains leur contenu sur le sol comme un roi qui jette à la foule la petite monnaie. En un instant, il avait retrouvé son ombre et, dans sa joie, il oublia qu’il avait enfermé Clochette dans le tiroir.
      Il avait pensé – mais je ne crois pas qu’il ait jamais pensé – que lui et son ombre, une fois l’un près de l’autre, se réuniraient comme deux gouttes d’eau ; et lorsqu’il vit que tel n’était pas le cas, il fut consterné. Il essaya de la coller avec un savon qu’il trouva dans la salle de bain, mais ce fut un nouvel échec. Un frisson parcourut Peter. Il s’assit sur le sol et se mit à pleurer.
      Ses sanglots réveillèrent Wendy, qui se redressa dans son lit. Elle n’était pas effrayée de voir un étranger pleurer sur le sol de la chambre ; cela lui inspirait seulement un agréable intérêt.
      « Mon garçon, dit-elle poliment, pourquoi pleures-tu ? »
      Peter pouvait se montrer également très poli, car il avait appris les bonnes manières lors des cérémonies des fées, si bien qu’il se leva et lui fit une splendide révérence. Elle en fut enchantée, et lui fit une splendide révérence en retour depuis le lit.
      « Comment t’appelles-tu ? demanda-t-il.
      – Wendy Moira Angela Darling, répondit-elle avec une certaine satisfaction. Et toi, comment t’appelles-tu ?
      – Peter Pan. »
      Elle était déjà certaine qu’il s’agissait de Peter, mais, en comparaison, son nom semblait bien court.
      « C’est tout ?
      – Oui », dit-il un peu brutalement. Il eut l’impression, pour la première fois, que son nom était un peu trop court.
      « Je te demande pardon, dit Wendy Moira Angela.
      – Ça ne fait rien », dit Peter la gorge sèche.
      Elle lui demanda où il habitait.
      « La deuxième à droite, dit Peter, puis tout droit jusqu’à l’aube.
      – Quelle drôle d’adresse ! »
      Peter eut un pincement. Pour la première fois, il eut l’impression que c’était peut-être une drôle d’adresse.
      « Non, pas du tout, dit-il.
      – Je veux dire, dit Wendy avec gentillesse, se souvenant que c’était elle qui le recevait, est-ce que c’est cela qu’on écrit sur les lettres ? »
      Il aurait voulu qu’il ne soit pas question de lettres.
      « Reçois jamais de lettres, dit-il avec mépris.
      – Mais ta mère reçoit des lettres ?
      – Ai pas de mère », dit-il. Non seulement il n’avait pas de mère, mais il n’avait pas la moindre envie d’en avoir une. Il considérait les mères comme des personnes largement surestimées. Wendy, cependant, sentit soudain qu’elle avait affaire à une tragédie.
      « Oh, Peter, cela ne m’étonne pas que tu pleures », dit-elle. Et elle sortit du lit et courut vers lui.
      « Je ne pleurais pas sur les mères, dit-il avec indignation. Je pleurais parce que je n’arrive pas à recoller mon ombre. D’ailleurs, je ne pleurais pas.
      – Elle s’est détachée ?
      – Oui. » Wendy vit alors l’ombre sur le sol qui avait l’air si misérable, et elle en fut affreusement désolée pour Peter. « Quelle horreur ! » dit-elle, mais elle ne pouvait s’empêcher de sourire quand elle vit qu’il avait essayé de la recoller avec du savon. « Voilà bien une idée de garçon ! »

      Extrait de Peter Pan de James Matthew Barrie.

      Extrait de Mai Tai

      – La coutume veut que la personne qui vient ici pour la première fois choisisse un livre, celui qu'elle préfère, et l'adopte, pour faire en sorte qu'il ne disparaisse jamais, qu'il reste toujours vivant. C'est un serment très important. Pour la vie. Aujourd'hui, c'est ton tour.

      Durant presque une demi-heure, je déambulai dans les mystères de ce labyrinthe qui sentait le vieux papier, la poussière et la magie. Je laissai ma main frôler les rangées de reliures exposées, en essayant d'en choisir une. J'hésitai parmi les titres à demi effacés par le temps, les mots dans des langues que je reconnaissais et des dizaines d'autres que j'étais incapable de cataloguer. Je parcourus des corridors et des galeries en spirale, peuplés de milliers de volumes qui semblaient en savoir davantage sur moi que je n'en savais sur eux. Bientôt, l'idée s'empara de moi qu'un univers infini à explorer s'ouvrait derrière chaque couverture tandis qu'au-delà de ces murs le monde laissait s'écouler la vie en après-midi de football et en feuilletons de radio, satisfait de n'avoir pas à regarder beaucoup plus loin que son nombril. Est-ce à cause de cette pensée, ou bien du hasard ou de son proche parent qui se pavane sous le nom de destin, toujours est-il que, tout d'un coup, je sus que j'avais déjà choisi le livre que je devais adopter. Ou peut-être devrais-je dire le livre qui m'avait adopté. Il se tenait timidement à l'extrémité d'un rayon, relié en cuir lie-de-vin, chuchotant son titre en caractères dorés qui luisaient à la lumière distillée du haut de la coupole. Je m'approchai de lui et caressai les mots du bout des doigts, en lisant en silence :

      L'Ombre du Vent Julián Carax

      Je n'avais jamais entendu mentionner ce titre ni son auteur, mais cela n'avait pas d'importance. La décision était prise. Des deux côtés. Je pris le livre avec les plus grandes précautions et le feuilletai, en faisant voleter les pages. Libéré de sa geôle, il laissa échapper un nuage de poussière dorée. Satisfait de mon choix, je rebroussai chemin dans le labyrinthe, le volume sous le bras, le sourire aux lèvres. Peut-être avais-je été ensorcelé par l'atmosphère magique du lieu, mais j'avais la certitude que ce livre m'avait attendu pendant des années, probablement bien avant ma naissance.

      Extrait de L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón.

      Vous pouvez à présent voter pour votre extrait préféré.

      %(#83A697)[**Je vote pour Leitmotiv**]
      %(#F88E55)[**Je vote pour Mai Tai**]

      Vous avez jusqu'à demain 17 juin à 19h, soit 24h, pour faire votre en choix en copiant le code qui correspond.

      Bonne lecture ! 📚

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Top Chef – Saison 13 (2022, vainqueur : Louise Bourrat)

      @icescream ça a donné 56,.. contre 43,.. En tout

      posté dans Programmes
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Top Chef – Saison 13 (2022, vainqueur : Louise Bourrat)

      @plume moi aussi 😭

      posté dans Programmes
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Top Chef – Saison 13 (2022, vainqueur : Louise Bourrat)

      Arnaud a déconné, il a fait trop simple... C'est dommage.

      posté dans Programmes
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      Vous êtes dures avec moi, je suis tiraillée.

      Je vote pour Artemis

      Pour la plume de Laurent Gaudé.

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Photos souvenirs

      @ayamé deuxième fois que je vais en Bretagne, deuxième fois que j'ai du beau temps.
      On nous ment !

      posté dans Sorties - Voyages
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      Comme promis, on démarre une nouvelle série de battles, sur le thème Il y a de la magie dans l'air.

      Ce soir,

      🥊 @Artemis vs @ayamé 🥊

      Extrait d'Artemis

      L'homme du parvis m'attend. Je le regarde et une idée étrange s'impose à moi : et s'il n'était pas d'ici, pas de notre temps. S'il venait de plus loin, connaissait Paris depuis plus longtemps… C'est le marcheur. Oui. C'est cela, j'en suis certain. Celui qui arpente les rues et les époques. Il a tout traversé et s'est débarrassé de son âge. Mais pourquoi me veut-il avec lui ? Qu'attend-il de moi ? Tant de vies sont passées devant lui, tant d'existences qui se sont pressées, puis ont disparu pour faire place à d'autres. Les époques ne le contraignent pas. Il les enjambe ou les laisse simplement le traverser. À moins qu'il ne les voie toutes en même temps, superposées les unes aux autres. Est-ce que je deviens fou ? Je n'entends presque plus la rumeur des terrasses. Elle est remplacée par une musique qui résonne en mon esprit, lointaine d'abord, puis de plus en plus forte. Au début, ce ne sont que quelques notes timides, puis des coups de violon plus forts, secs et nerveux ... Je reconnais cet air. C'est Saint-Saëns et sa danse macabre. Il m'appelle. Il est enterré ici, à quelques centaines de mètres, de l'autre côté des hauts murs du cimetière du Montparnasse. Les mourants sont couchés côte à côte et le temps n'a plus d'importance. Là-bas, c'est fouillis d'époques et grand empilement des siècles. Tout se mêle. Les morts se côtoient. C'est peut-être cela qui naît en cette nuit ? La disparition des cloisons et le grand réveil de tout ce qui vécut. Saint-Saëns joue. Je l'entends de plus en plus nettement. Il me presse de dire adieu à la jeunesse. La sarabande commence et je sens bien qu'il n'est plus possible de m'y soustraire.

      Extrait de Paris, mille vies de Laurent Gaudé.

      Extrait d'Ayamé

      Un sage prit la parole et dit : "dans la vie amoureuse, certains êtres sont faits pour aimer plusieurs personnes. D'autres se concentreront tout au long de leur existence sur un seul amour et y mettront toutes leurs forces. C'est ce qu'apprit d'une simple fourmi un grand roi.
      Cheminant un jour par les sentiers du désert, il rencontre une fourmilière. Toutes les fourmis viennent aussitôt le saluer, une seule ne se soucie pas de sa présence.
      Elle reste occupée à un labeur apparemment infini. Le roi lui dit : "que fais-tu donc, petite bête ?"
      Sans se laisser distraire de son travail, la fourmi lui répond : "vois, grand roi, un grain après l'autre, je déplace ce tas de sable".
      "N'est-ce point là une tâche au-dessus de tes faibles forces ? Ce tas de sable te dépasse de si haut que tes yeux ne sauraient en voir le sommet".
      "Ô grand roi, c'est pour l'amour de ma bien-aimée que je travaille. Cet obstacle me sépare d'elle. Et si à cette oeuvre j'use toutes mes forces, au moins je mourrai dans la bienheureuse folie de l'espérance".
      Ainsi parla la fourmi amoureuse. Ainsi le roi découvrit, sur le sentier du désert, le feu du grand amour".
      Un autre sage prit la parole et dit : "une erreur courante consiste à ramener l'amour à ses seuls visages de la relation parent/enfant, du couple ou de l'amitié.
      L'amour s'exprime en effet de ces diverses manières. Mais il peut prendre bien d'autres formes.
      L'amour d'un paysage ou d'une oeuvre d'art peut ouvrir notre coeur à des dimensions aussi vastes qu'une relation amoureuse.
      Notre coeur, une fois qu'il résonne à la vibration de l'Âme du monde, peut s'émouvoir d'un rien : un sourire, une fleur qui éclot, un nuage dans le ciel, le regard d'un inconnu croisé dans la rue. Il ressent de la compassion pour tout être vivant. Il réprouve avec force toute forme de cruauté, non seulement envers les humains, mais aussi envers les bêtes, quelles qu'en soient les raisons. Il aime le monde, l'univers, la vie".

      Extrait de L'Âme du monde de Frédéric Lenoir.

      Vous pouvez à présent voter pour votre extrait préféré.

      %(#BB0B0B)[**Je vote pour Artemis**]
      %(#D473D4)[**Je vote pour Ayamé**]

      Vous avez jusqu'à demain 16 juin à 19h, soit 24h, pour faire votre en choix en copiant le code qui correspond.

      Bonne lecture ! 📚

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Photos souvenirs

      IMG_20220615.jpg

      Le ciel de Saint-Malo, aujourd'hui 😍

      posté dans Sorties - Voyages
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      On reprend demain !
      Avec le duo de charme Ayamé et Artemis.
      Stay tuned 🤘

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      @ayamé t'es au taquet j'adore 😆
      Et dire qu'au début tu avais peur de participer !

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      C'est Leitmotiv qui clôt en beauté ce tour !

      Récapitulatif :
      0 défaite : Mai Tai
      1 défaite : Artemis, Ayamé, Lapin, Leitmotiv, Lu a lu
      2 défaites : Delnis, Egon, LeaPierce

      Nous perdons donc @Delnis @Egon @Leapierce 😢 vous nous manquerez !

      Il n'y a qu'une personne que je n'ai pas encore rencontrée donc ça m'a aidée à définir les prochaines battles.

      Ce sera donc :
      @Artemis @Ayamé
      @Lapin @Lu-a-lu
      @Leitmotiv @Mai-Tai

      Le thème : Il y a de la magie dans l'air

      J'attends vos extraits pour... Quand vous pouvez 😊

      À très vite !

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      Je vote pour LeaPierce

      J'adore Le joueur d'échecs, je l'ai d'ailleurs relu dernièrement. Et cet extrait est très bien choisi, et tellement bien écrit ! Dans le style il est au-dessus.
      Mais l'autre extrait m'a pétrifiée, cette solitude dans l'horreur... 😢

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      Lapin l'emporte sur Egon qui est partie bouder 😗


      Dernière battle battle de ce tour !

      🥊 @LeaPierce vs @Leitmotiv 🥊

      Extrait de LeaPierce

      J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai tâté autour de moi pour trouver mon portable. Il était posé entre mon sac à dos et mon ventre. Les doigts livides et tremblants, j’ai essayé d’appeler maman.
      Pas de réseau.
      J’ai essayé Ronnie.
      Pareil.
      911, numéro d’urgence.
      Rien.
      J’ai essayé Jane. Dani. Tous ceux qui me venaient à l’esprit.
      Aucune barre réseau. Pas de service disponible.
      J’ai repris ma respiration en essayant d’étouffer mes sanglots. J’avais des picotements dans les bras et les jambes à cause de la montée d’adrénaline, de la panique, mais j’ai réussi à me calmer. J’ai entendu des cris dans la rue, des alarmes de voiture, des gens qui parlaient… Une sirène de police bloquée. Un appel à l’aide. Et plus loin, je crois, le feulement du nuage en forme d’entonnoir qui s’éloignait.
      Toute mon enfance, on m’avait dit et redit ce qu’il fallait faire en cas de tornade : écouter les sirènes, se réfugier à la cave, au sous-sol, dans un placard au milieu de la maison, et se pelotonner, se protéger et attendre. À l’école, nous avions des alertes deux fois par an depuis toujours. Nous en discutions en classe, à la maison. La météo ne cessait de parler de tornade.
      Mais jamais – pas une seule fois – on ne nous avait dit ce qu’il fallait faire après.
      Car jamais personne n’avait imaginé qu’il y aurait un après comme celui ci.
      La pluie et le vent ont duré une éternité. Il faisait toujours très sombre, mais le ciel s’était suffisamment éclairci pour que je distingue la torche qui avait glissé sous le billard.
      Kolby ! Et si je lui téléphonais ? Je pourrais peut-être appeler maman avec son portable ? Lentement, j’ai déplié les jambes et, après un moment d’hésitation, j’ai rampé pour quitter mon abri sous la table et je me suis levée.
      De l’autre côté de la cave, au-dessus de l’établi de Ronnie qui avait disparu, le plafond avait explosé. Le carré sur lequel je me tenais quand je cherchais ma torche un quart d’heure plus tôt était noyé sous une pile de décombres. La cuisine s’était écroulée, les murs n’existaient plus, les assiettes étaient tombées de leurs étagères, tout avait été détruit et réduit en une pile de gravats sur le sol de la cave. J’ai même aperçu le ciel à travers l’ancien emplacement de la cuisine, avec des bouts de fils et de tuyaux brisés. De l’eau giclait de quelque part.
      – Oh mon Dieu ! me suis-je exclamée en tremblant. Oh mon Dieu !
      J’ai fait deux ou trois pas vers les gravats, mais plus j’avançais, plus je voyais de ciel. La cuisine avait complètement… totalement disparu.
      J’aurais pu traverser les décombres et remonter pour sortir, mais la vue de la cuisine en ruine me paralysait, surtout avec tous ces fils nus et saillants. J’étais clouée sur place. L’escalier qui menait à la cave n’avait pas bougé. Mon petit doigt me disait que je n’avais qu’à monter pour me retrouver à la maison. Le reste du rez-de-chaussée était sûrement en meilleur état que la cuisine.
      Le sofa avait été projeté contre le tas de décombres, renversé sur le côté. Des tas de vêtements gisaient partout.
      J’ai jeté un œil sur mes mains et j’ai vu que j’avais les doigts couverts de sang séché. J’ai glissé mon portable dans ma poche et tâté le haut de mon crâne. Mes cheveux étaient collants et bizarrement crêpés, mais je n’avais pas mal et je ne saignais pas. Je devais avoir à peine une égratignure. Je pouvais attendre le retour de maman. Tout s’arrangerait quand elle rentrerait.

      Extrait de Tornade de Jennifer Brown.

      Extrait de Leitmotiv

      L’interrogatoire n’était pourtant pas le pire. Le pire c’était le retour à ce néant, juste après, dans cette même chambre, devant cette même table, ce même lit, cette même cuvette, ce même papier au mur. Car à peine étais-je seul avec mes pensées, que je me mettais à refaire l’interrogatoire, à songer à ce que j’aurais dû répondre de plus habile, à ce que je devrais dire la prochaine fois pour écarter le soupçon que j’avais peut-être éveillé par une remarque inconsidérée. J’examinais, je creusais, je sondais, je contrôlais chacune de mes dépositions, je repassais chaque question posée, chaque réponse donnée, j’essayais d’apprécier ce que leur procès-verbal pouvait avoir enregistré, tout en sachant bien que je n’y parviendrais jamais. Mais ces pensées une fois mises en branle dans cet espace vide, elles tournaient, tournaient dans ma tête, faisant sans cesse entre elles de nouvelles combinaisons et me poursuivant jusque dans mon sommeil. Ainsi, une fois fini l’interrogatoire de la Gestapo, mon propre esprit prolongeait inexorablement son tourment avec autant ou peut-être même plus de cruauté que les juges, qui levaient l’audience au bout d’une heure, tandis que dans ma chambre cette affreuse solitude rendait ma torture interminable. Autour de moi, jamais rien d’autre que la table, l’armoire, le lit, le papier peint, la fenêtre. Aucune distraction, pas de livre, pas de journal, pas d’autre visage que le mien, pas de crayon qui m’eût permis de prendre des notes, pas une allumette pour jouer, rien, rien, rien. Oui, il fallait un génie diabolique, un tueur d’âme pour inventer ce système de la chambre d’hôtel. Dans un camp de concentration, il m’eût fallu sans doute charrier des cailloux, jusqu’à ce que mes mains saignent et que mes pieds gèlent dans mes chaussures, j’eusse été parqué avec vingt-cinq autres dans le froid et la puanteur. Mais du moins, j’aurais vu des visages, j’aurais pu regarder un champ, une brouette, un arbre, une étoile, quelque chose enfin qui change, au lieu de cette chambre immuable, si horriblement semblable à elle-même dans son immobile fixité. Là, rien qui puisse me distraire de mes pensées, de mes folles imaginations, de mes récapitulations maladives. Et c’était justement ce qu’ils voulaient – me faire ressasser mes pensées jusqu’à ce qu’elles m’étouffent et que je ne puisse faire autrement que de les cracher, pour ainsi dire, d’avouer, d’avouer tout ce qu’ils voulaient, livrant ainsi mes amis et les renseignements désirés. Je sentais que mes nerfs, peu à peu, commençaient à se relâcher sous cette atroce pression du néant, et je me raidissais jusqu’à la limite de mes forces pour trouver, ou pour inventer une diversion. En guise d’occupation, je récitais ou reconstituais tant bien que mal tout ce que j’avais appris par cœur autrefois, chants populaires et rimes enfantines, passages d’Homère appris au lycée, paragraphes du Code civil. Puis j’essayais de faire des calculs, d’additionner, de diviser des nombres quelconques. Mais dans ce vide, ma mémoire ne retenait rien. Je ne pouvais me concentrer sur rien. La même pensée se glissait partout : que savent-ils ? Qu’ai-je dit hier, que dois-je dire la prochaine fois ?

      Extrait de Le joueur d'échecs de Stefan Zweig.

      Voilà, vous pouvez à présent voter pour votre extrait préféré
      %(#FD3F92)[**Je vote pour LeaPierce**]
      %(#91283B)[**Je vote pour Leitmotiv**]

      Vous avez jusqu'à demain 12 juin à 19h, soit 24h, pour faire votre en choix en copiant le code qui correspond.

      Bonne lecture ! 📚

      (Je ne pourrai pas donner les résultats tout de suite mais je ne prendrai pas en compte les votes après l'heure fixée)

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      Je vote pour Egon

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      Ce soir dernière battle de ce tour, sur le thème "moment de solitude".

      Pour les candidats déjà qualifiés, ou susceptibles de l'être, vous pouvez déjà commencer à vous creuser la tête pour le tour suivant, le thème sera : "Il y a de la magie dans l'air".

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      @hornet je te sens à cran 😆
      Tu devrais mieux aimer les extraits de ce soir !

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      @koursk t'inquiète, on compatit, on sait que c'est pas facile d'être puni et envoyé au coin dans des positions improbables.

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      @ayamé tu parles 😆 y a pas mal de chance là-dedans selon ce que les gens ont envie de lire à un moment précis.

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      Merci pour cette victoire ! Et un bisou à mes adversaires, j'ai aimé leurs extraits, et c'était particulièrement bien qu'on ait choisi des styles si différents ❤


      Encore une jolie battle qui s'annonce ce soir !

      🥊 @egon vs @lapin 🥊

      Extrait d’Egon

      Soudain, et presque de sous le bras d'Andréï Filippovitch qui se tenait alors juste à la porte, on vit jaillir dans la pièce Monsieur Goliadkine-cadet, qui s'agitait, haletait, s'épuisait au service, empreint d'un air grave, officiel et résolu – il se retrouva tout de suite devant Monsieur Goliadkine-aîné, lequel pouvait s'attendre à tout, sauf à une agression pareille...
      Les papiers, Iakov Pétrovitch, les papiers...
      Son Excellence demande s'ils sont prêts, se mit à pépier, à mi-voix, en toute hâte, l'ami de Monsieur Goliadkine-aîné.
      – Il y a Andréï Fillopovitch qui vous attend...
      Je n'ai pas besoin de vous pour le savoir, qu'il m'attend, répondit Monsieur Goliadkine-aîné, lui aussi, très vite et à mi-voix.
      Non, ce n'est pas ce que je veux dire ; ce n'est pas du tout ça, Iakov Pétrovitch ; je compatis, Iakov Pétrovitch, je suis mû par une pleine compassion...
      Que je vous demande humblement de m'épargner. Permettez, mais permettez donc...
      Vous les envelopperez, bien sûr, n'est-ce pas, dans une petite enveloppe, Iakov Pétrovitch, et, à la page 3, vous mettrez un marque-page, permettez, Iakov Pétrovitch...
      Mais, vous, permettez, enfin...
      Mais il y a une petite tachounette d'encre Iakov Pétrovitch, bous ne l'avez pas remarquée, la petite tachounette d'encre ?...
      Là, Andréï Fillopovitch appela Monsieur Goliadkine-aîné pour la deuxième fois.
      Tout de suite Andréï Fillopovitch ; j'arrive juste tout de suite, je suis là, je...Monsieur, mais est-ce en chinois que je vous parle ?
      Le mieux ce serait de la gratter au couteau ; Iakov Pétrovitch, faites-moi plutôt confiance ; n'essayez pas vous-même, Iakov Pétrovitch, confiez-vous à moi – moi là, tout de suite, au couteau...
      Andréï Fillopovitch appela Monsieur Goliadkine pour la troisième fois.
      Mais, voyons, où est-elle, votre tachounette ? Il n'y en a pas du tout, je crois, de tachounette !
      Une petite tachounette énorme, la voilà ! Voilà, permettez, je viens de la voir ; voilà, permettez...non mais, permettez-moi seulement, Iakov Pétrovitch, moi, un petit peu, ici, au couteau, par compassion, Iakov Pétrovitch, au couteau, du fond du cœur...voilà, et on n'en parle plus.
      Là, d'une manière tout à fait inattendue, Monsieur Goliadkine-cadet, soudain, sans prévenir, dominant Monsieur Goliadkine-aîné dans la lutte instantanée qui éclata entre eux, et, en tout cas, absolument contre son gré, s'empara du papier que demandaient les supérieurs et, au lieu de le gratter au petit couteau du fond du cœur, comme il assurait traîtreusement en avoir l'intention à Monsieur Goliadkine-aîné – il le roula très vite, se le fourra sous l'aisselle, et, en deux enjambées, se retrouva auprès d'Andréï Fillopovitch, qui n'avait remarqué aucun de ses coups fourrés, puis il fila avec lui jusqu'au bureau du directeur. Monsieur Goliadkine-aîné resta comme fixé sur place, le petit couteau dans la main, et comme s'il s'apprêtait à gratter quelque chose avec...

      Extrait de Le Double de Fiodor Dostoïevski.

      Extrait de Lapin

      Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n’était pas grand pour son âge. Seul le bout de ses pieds dépassait du trou d’écorce. Il ne bougeait pas. La nuit l’avait recouvert comme un seau d’eau.
      Tobie regardait le ciel percé d’étoiles. Pas de nuit plus noire ou plus éclatante que celle qui s’étalait par flaques entre les énormes feuilles rousses.
      Quand la lune n’est pas là, les étoiles dansent. Voilà ce qu’il se disait. Il se répétait aussi : « S’il y a un ciel au paradis, il est moins profond, moins émouvant, oui, moins émouvant... »
      Tobie se laissait apaiser par tout cela. Allongé, il avait la tête posée sur la mousse. Il sentait le froid des larmes sur ses cheveux, près des oreilles.
      Tobie était dans un trou d’écorce noire, une jambe abîmée, des coupures à chaque épaule et les cheveux trempés de sang. Il avait les mains bouillies par le feu des épines, et ne sentait plus le reste de son petit corps endormi de douleur et de fatigue.
      Sa vie s’était arrêtée quelques heures plus tôt, et il se demandait ce qu’il faisait encore là. Il se rappelait qu’on lui disait toujours cela quand il fourrait son nez partout : « Encore là, Tobie ! » Et aujourd’hui, il se le répétait à lui-même, tout bas : « Encore là ? »
      Mais il était bien vivant, conscient de son malheur plus grand que le ciel.
      Il fixait ce ciel comme on tient la main de ses parents dans la foule, à la fête des fleurs. Il se disait : « Si je ferme les yeux, je meurs. » Mais ses yeux restaient écarquillés au fond de deux lacs de larmes boueuses.
      Il les entendit à ce moment-là. Et la peur lui retomba dessus, d’un coup.
      Ils étaient quatre. Trois adultes et un enfant. L’enfant tenait la torche qui les éclairait.
      – Il est pas loin, je sais qu’il est pas loin.
      – Il faut l’attraper. Il doit payer aussi. Comme ses parents.
      Les yeux du troisième homme brillaient d’un éclat jaune dans la nuit. Il cracha et dit :
      – On va l’avoir, tu vas voir qu’il va payer.
      Tobie aurait voulu pouvoir se réveiller, sortir de ce cauchemar, courir vers le lit de ses parents, et pleurer, pleurer... Tobie aurait aimé qu’on l’accompagne en pyjama dans une cuisine illuminée, qu’on lui prépare une eau de miel bien chaude, avec des petits gâteaux, en lui disant : « C’est fini, mon Tobie, c’est fini. »
      Mais Tobie était tout tremblant, au fond de son trou, cherchant à rentrer ses jambes trop longues, pour les cacher. Tobie, treize ans, poursuivi par tout un peuple, par son peuple.

      Extrait de Tobie Lolness, de Thimothée de Fombelle.

      Voilà, vous pouvez à présent voter pour votre extrait préféré
      %(#00FE7E)[**Je vote pour Egon**]
      %(#26619C)[**Je vote pour Lapin**]

      Vous avez jusqu'à demain 11 juin à 18h52, soit 24h, pour faire votre en choix en copiant le code qui correspond.

      Bonne lecture ! 📚

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
    • RE: Battles lecture : Première édition - Mai Tai a gagné !

      Je vous conseille le livre qui est vraiment très drôle, malgré les petites pointes de mélancolie et la solitude du héros, en toutes circonstances. Je devrais dire de l'anti-héros 😁

      @shanna c'est ça, les situations gênantes du quotidien 😊

      posté dans Animations Lectures
      Mai Tai
      Mai Tai
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