L'Unité 731



  • "Pour mettre au point un traitement contre les engelures, des prisonniers étaient mis à l'extérieur dans de l'eau glacée et forcés de laisser leurs bras exposés au froid. Leurs bras étaient alors régulièrement arrosés d'eau jusqu'à ce qu'il soient complètement gelés." - Gregory Dean Byrd, historien.

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    Peu de temps avant la Seconde Guerre Mondiale, le gouvernement impérial japonais décida de se lancer activement dans la recherche bactériologique à des fins militaires, afin de contrer les soviétiques qui selon l'armée japonaise avaient une avance considérable sur eux dans ce domaine. Une unité spéciale fut crée dans ce but, l'unité 731 dirigée par le général Shirō Ishii.

    Implantée au Mandchoukouo (une province chinoise du nord-est transformée en état fantoche à la solde du Japon en 1932) dans la localité de Pingfang, l'unité pratiquait au cœur d'un centre pouvant abriter plus d'un millier de prisonniers des expériences sur des cobayes humains. Les test étaient liés à de nombreuses maladies telles que la peste, le typhus, le choléra, mais furent également pratiquées des vivisections et autres pratiques rappelant davantage l'inquisition que la médecine. Les prisonniers, appelés "maruta", ce qui signifie buche en japonais, subissaient ces traitements jusqu'à ce que mort s'ensuive. Ils étaient composés aussi bien d'hommes que de femmes et d'enfants. Une fois les test effectués sur les cobayes, les agents pathogènes étaient relâchés dans la campagne environnante pour constater leurs effets sur les populations locales.

    Des unités "sœurs" furent mises sur pied partout à travers les territoires contrôlés par l'armée impériale, toujours dirigées par Shirō Ishii. On estime qu'au plus fort de la guerre 10 000 personnes travaillaient sous ses ordres. Ces tests étaient connus au sein du gouvernement nippon, et même de l'empereur. Des expériences filmées furent présentées au premier ministre Hideki Tōjō ainsi qu'au frère de l'empereur, tandis que son cousin alla jusqu'à visiter les installations. A la fin de la guerre, le général Ishii négocia avec les américains pour éviter de comparaitre au procès de Tokyo, leur fournissant le contenu de ses recherches en échange de l'immunité.

    Cette histoire resta secrète jusqu'en 1981, date à laquelle un rapport scientifique suivi d'un best-seller popularisèrent considérablement ces évènements aux yeux du grand public, à la fois au Japon mais aussi à travers le monde. Il fallut attendre 2002 pour que le Japon reconnaisse publiquement l'existence de l'unité 731.

    On estime que 3000 personnes moururent dans les différents centres, et plus de 500 000 suite aux agents pathogènes relâchés.

    Aviez-vous connaissance de ces évènements ? Pour ceux qui voudraient en savoir davantage je vous poste le lien d'un documentaire sur la question, malheureusement en anglais mais restant compréhensible si vous avez un niveau correct.



  • C'est flippant de se dire qu'une telle ignominie, comme d'autres pratiques plus connues ayant eu lieu pendant la WW2, c'est pas si loin en arrière. Faut pas être naïf, à moindre échelle il subsiste encore bien des horreurs, maiiis c'est toujours bien de se dire que celles-là sont passées.



  • Les Japonais ont été les maîtres en matière d'horreur pendant la WW2, probablement même plus que les Allemands. L'Unité 731, ou encore le massacre de Nankin, sont des faits qui restent parmi les plus tragiques de notre histoire.
    Le pire, c'est qu'encore aujourd'hui beaucoup de ces horreurs ne sont même pas reconnues officiellement par les Japonais, qui continuent de les nier. Un manque de respect absolument terrible pour les victimes.


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