Le rejet à l'école



  • Bonjour,

    Aujourd'hui je souhaite pouvoir recueillir vos témoignages sur un sujet qui, je trouve, passe beaucoup inaperçu et qui a une grande importance : le rejet à l'école.
    C'est quelque chose qui a marqué ma scolarité quasi-entière, de la maternelle jusqu'à la fin du lycée.

    J'étais une enfant rejetée des autres, depuis la toute petite section, et je n'ai jamais réussi à comprendre pourquoi. J'ai grandi dans mon coin, en dissimulant ma solitude et ma tristesse, personne au sein même de ma famille n'a su ce que je traversais : le rejet, la moquerie, la méchanceté gratuite des enfants même en très bas âge.

    Pourquoi moi ? Qu'ai-je de moins bien que les autres ? Que me manque-t-il ? Qu'est-ce que je leur ai fait ?
    Aujourd'hui encore je me pose ces questions. Sur quoi peut bien se baser un enfant, dès lors de l'âge de 3-4 ans, pour savoir si tu vas pouvoir intégrer son groupe d'amis ou non ? Ton prénom qui sort un peu de l'ordinaire ? La forme et la couleur de tes cheveux ? La couleur de ta peau ?..

    Aucun de mes professeurs, je pense, n'a été assez sensibilisé à ce sujet, puisque chacun à totalement fermé les yeux sur l'enfant rejetée et triste que j'étais, passant son temps, en silence, dans un coin discret, à regarder les autres jouer pendant les récréations et à se demander pourquoi elle était moins bien qu'eux.

    Vous ai-t-il arrivé de vivre un rejet scolaire similaire ou avoir été témoin d'une autre personne l'ayant également vécu ? Comment vous y avez fait face ?
    Est-ce que, avec le recul, vous avez réussi à vous expliquer pourquoi vous étiez rejeté par les autres ?



  • @WatchTheCat

    Coucou,

    Je n'ai jamais été rejetée par mes camarades mais oui j'en ai vue certains être victime de ce que tu décris et de ce que j'ai pu constater les raison peuvent être multiple.

    Une copine a eu le problème au collège car elle a eu le malheur de se prendre la tête avec la mauvaise personne pour une broutille. La fille en question était chef de bande donc elle se sont mise à l'embeter puis elle est tombée amoureuse d'un petit merdeux qui est allé raconté des saletés sur elle. Et là tout à basculer elle est devenu la salope et connasse du collège elle a été obligé de partir.

    Pour une autre j'ai mis du temps à comprendre le problème c'est seulement quelques années après avoir quitté le collège que j'ai compris.
    Elle plaisait trop au garçon et comme à cet âge là ils sont bourricot, au lieu de la draguer ils la frappaient ou lui mettaient des mains aux fesses et certaines filles jalouses s'en prenaient également à elle.

    En règle général j'ai l'impression que ça part souvent de pas grand chose....

    Après il y a ceux qui ne rentre tout simplement pas dans le moule.... dans ces cas là si il a de la chance et l'assume ça devient le mec super cool quil faut fréquenté si c'est moins assumé le vilain petit canard.

    Mais on est d'accord que quelque soit la raison cest toujours profondément injuste.

    Moi ce qui m'a toujours choqué tout au long de ma scolarité c'est l'indifférence du corps enseignants face à cela....



  • @loutre

    En tout cas, dis toi que tu as une sacré force de caractère pour avoir réussi à supporter cela pendant autant d'année.

    Car si on transpose on monde du travail, je pense qu'aucun adulte ne pourrait supporter ce genre de pression aussi longtemps.

    C'est pourtant ce que l'on demande à nos enfants... "défends toi" "ne te laisses pas faire..." "Tu n'as qu'à..." Et puis au final si tu n'es pas capable de te défendre et bien on te change d'école.

    Alors que l'adulte lui peut porter plainte, se mettre en arrêt pour dépression...



  • @loutre Merci pour ta réponse.

    De la maternelle jusqu'à la fin de l'école primaire, j'ai toujours été au sein de la même classe, avec les mêmes élèves. Le rejet ayant commencé dès la première année de maternelle, s'est poursuit malheureusement avec cette même classe pendant 8 ans, jusqu'au début du collège, où là, ayant déménagée dans une nouvelle ville, je me suis retrouvée avec de nouveaux camarades parfaitement inconnus.

    Je veux dire, une fois rejetée au commencement, ça n'a pas changé jusqu'à la fin. À aucun moment, au cours de ces 8 années, ils m'ont fait une place parmi eux. Comme si jamais, tout ce temps, je n'avais pas réussi à leur prouver que je méritais d'être leur amie. J'étais pourtant si petite, je ne comprenais pas ce qui leur déplaisait chez moi. Il m'est arrivée de me dire que c'était peut être à cause de mes origines étrangères, mes deux parents n'étant ni l'un ni l'autre d'origine française. J'avais un prénom pas commun, des cheveux très bouclés, je ne connaissais pas autant de mots français qu'eux au départ, mais c'est tout.

    Mais non, ce n'était pas le cas, ce n'était ni mes origines ni mon prénom difficile à prononcer pour eux qui posaient problèmes, puisque d'autres enfants qui comme moi avaient également des origines autres que françaises étaient parfaitement intégrés et même eux me rejetaient. Ils avaient peut être tout simplement choisis, comme ça, au parfait hasard, sans raison, que ça allait tomber sur moi, et puis c'est tout.

    Comme tu l'as souligné, oui, le corps enseignants n'a rien vu, le corps enseignants n'a rien fait, à aucun moment a réagit, à aucun moment a décidé de m'aider et me sortir de ma détresse. Je ne sais pas à quel point j'ai pu cacher mon mal être, mais bon sang, jusqu'où, une enfant de 3 jusqu'à ses 12 ans quasiment, peut cacher qu'il est rejeté des autres ? Pourquoi avoir été aveugle à ce point là et continuer à me laisser dans mon coin ? Vraiment aucune compassion.

    Quelque part j'en ai aussi voulu à mes parents, surtout à ma mère (vu que mon "père" de toute façon j'étais le dernier de ses soucis) parce que pareil, quand bien même j'essayais de cacher mon mal-être une fois rentrée à la maison, n'a-t-elle rien vu, rien ressenti toutes ces années sur la solitude de sa fille ? Sa fille qui ne lui parlait jamais de ses copines et ses copains ? Qui ne lui disait jamais aujourd'hui j'ai joué avec une telle ou un tel ? Non, rien, pas de questionnement.

    C'est au collège que j'ai commencé à avoir des amies. Une par année. Arrivée au lycée, j'ai du changer 3 fois de lycée en raison des divers déménagements. Et cette fois-ci, c'était le phénomène de "la nouvelle" qui a fait ma solitude. Ils m'appelaient parfois la nouvelle même passée une année entière dans la même classe au lieu de dire mon prénom, c'est dingue, non ?

    Et puis le jour où j'ai commencé à dire non quand on me demandait mes cahiers, mes devoirs, pour tout simplement recopier pépère mon travail, que moi je passais un temps fou à faire, les rumeurs ont commencé à circuler : "de toute façon on l'a vu tricher, c'est une tricheuse, impossible d'avoir tout le temps les notes qu'elle a....etc".

    Là où j'ai réellement réussi à m'intégrer, c'était lors de mes années à la fac, les meilleures de ma vie, surtout la première.

    Bref, tout ça pour dire qu'il ne faut pas fermer les yeux sur un enfant rejeté, les parents, les adultes, les frères et soeurs plus âgés, les profs, s'il vous plaît, soyez plus sensibles à nous.



  • J'ai été rejetée, aussi. Donc, tout d'abord, accolade d'ange.

    Et ce, depuis le CP. J'étais sensible. Je pleurais pour tout ; surtout quand il pleuvait. Au collège, j'étais fringuée n'importe comment. Cela n'aidait pas. Et je lisais... C'était un peu la honte de lire.
    Puis... Le reste se ressemble. Avec le temps, et une forme d'objectivité qui garde ses limites, je me suis rendue compte que je protégeais ma mère... Je ne voulais pas être un poids. Je me suis concentrée sur les études, en serrant les dents, tout en rêvant de rencontrer mes pairs. Les curieux. Les créateurs. Les bienveillants. Je ne jouais pas au football : j'étais rejetée. Je n'écoutais pas encore de rap : j'étais rejetée. Je n'étais pas habillée à la mode : j'étais rejetée. Je ne faisais pas de Boum : j'étais rejetée.

    Enseignante, je fais désormais très attention à cela. J'ai réussi à faire changer de classe une gamine qui était systématiquement rejetée. Elle est particulière, passionnée. Elle a réussi à trouver une jeune fille aux centres d'intérêt proches. Qui accepte son humour.

    Une vérité, à mes yeux, qu'on oublie souvent : les enfants peuvent être blessants. Méchants. Le pouvoir rend fou, même à cet âge. La faute à qui ? Je ne sais pas.



  • @WatchTheCat

    Je pense que les enfants eux mêmes ont un rôle à jouer.

    Il me semble d'ailleurs quil y à de plus en plus de sensibilayion faites dans les écoles à ce sujet.

    Quand je repense à ma copine qui a eu le problème à cause entre autre du merdeux je me dis quen fait j'aurais peut être pu changer les choses tout simplement en parlant de cela à mère qui connaissait bien la sienne et qui l'aurait sans doute appelé pour la prévenir mais à l'époque ça ne m'a même pas effleuré l'esprit, la seule chose que je pensais en mon pouvoir cetait de rester auprès d'elle et essayer de la conseiller comme je le pouvais du haut de mes 12 ans sur un phénomène que je ne comprenais même pas moi même.

    Je me souviens encore de son dernier jour à l'école.

    Nous étions en train de papoter toutes les 2 appuyé contre un mur et là d'un coup un demi-cercle sest formé composé du merdeux et ses potes ET de la merdeuse et de ses potes à elle.

    Tout a été très vite je n'ai rien compris. Ils ont commencé à l'embeter. Je ne me souviens plus si ils l'ont frappé ou pas. Mais d'un coup elle a brisé le cercle et est parti en courant.

    J'ai ramassé mes affaires et siennes puis je me suis mise à lui courir derrière en criant son prénom. Mais j'étais trop lente.

    Elle était poursuivi par les 2 bandes + tout un troupeau de curieux avide de voir un peu de sang frais. J'avais l'impression que le collège entier était à ses trousses.

    Elle a courru Jusqu a la salle de math ou nous avions cours et sest jeté en pleurs dans les bras du professeur.
    Celui ci l'a prise dans ses bras, nous a tous fait entrer en classe (les autres s'étaient barré évidemment.) Et est resté un l9ng moment à discuter avec elle. Il me semble qu'elle nest plus jamais revenu au collège suite à cela.



  • @loutre

    Et j'ai envie d'ajouter (désolée ça me vient au fur et à mesure....)

    Que c'est aussi valable pour les bourreaux qui n'ont peut être pas forcément conscience du mal qu'ils font et de la détresse qu'ils provoquent. (Bien sûr certains en ont pleinement conscience mais pas tous).

    Je dis cela car il y a quelque années, je parlais du harcèlement moral et attouchements sexuel dont nous étions régulièrement victime au collèges avec mes copines.

    Et là cet homme m'a avoué que lui même un jour au collège, pour impressionner les copains il a tripoté une fille et les copains trouvaient ça tellement drôle qu'ils s'y sont mis aussi.

    Lui il voulait impressionner ses copains et puis là fille cetait une copine à lui, elle était gentille, jolie, elle lui plaisait bien.

    Le lendemain il est allé lui dire bonjour comme tous les matins et là elle a refusé de lui dire bonjour et lui a lancé un regard que 40 ans plus tard il n'avait pas oublié, c'est à ce moment là qu'il a réalisé le mal qu'il avait fait et il n'a jamais recommencé sur aucune fille.

    Alors peut être qu'à l'époque si on lui avait dit clairement ce qui pour nous adulte est une évidence "Non, on ne tripote pas les filles sans leur consentement même pour épater les copains " il aurait peut être réfléchi à 2 fois... enfin je suppose.



  • Alors moi j'ai été rejetée en partie à cause de mon physique.
    En primaire j'avais un défaut physique du coup c'est pour ça qu'on ne m'aimait pas.
    Après au collège et au lycée on ne me trouvait pas jolie parce que je n'avais pas d'amis.
    Même encore aujourd'hui il m'arrive à 24 ans qu'on me dise que je ne suis pas bien physiquement.
    J'ai su cependant que les profs m'humiliaient à l'école car j'étais mignonne. Je me dis que les adultes sont parfois + objectifs je ne sais pas. Ils savent reconnaitre l'esthétique. Je me dis que les filles qui plaisent quand on est jeune sont des filles pas timides, des filles pas forcément jolies mais faciles, entreprenantes, qui sont sentimentales et qui vont vers les garçons.
    En tout cas je vois bien que ne plais pas aux hommes. Je pense que je vais finir ma vie seule mais ça ne me dérange pas. Je préfère être seule plutôt que d'être en couple et de me faire malmener car je suis moche.
    J'ai décidé de m'en sortir professionnellement, de voyager et de faire des activités qui me plaisent. Que voulez vous, au bout d'un moment il faut bien voir la réalité en face.
    Je n'ai pas un physique qui plait. Et je n'ai pas envie d'être "la moche sympa dont on apprécie la compagnie mais ça s'arrête la".



  • Vous ai-t-il arrivé de vivre un rejet scolaire similaire ou avoir été témoin d'une autre personne l'ayant également vécu ?
    En secondaire, je l'ai vécu... Durant environ 2 ans et demi.
    Comment vous y avez fait face ?
    J'ai attendu que ça passe. Internet m'a accompagné. Les gens sur internet étaient bien plus sympas que les gens en vrai.
    Est-ce que, avec le recul, vous avez réussi à vous expliquer pourquoi vous étiez rejeté par les autres ?
    Sans doute parce que je rentrais pas dans les cadres que les autres espéraient de moi. Ce qui a été dit à mon propos (comme raison de rejet) : J'ai été rejeté parce que mon humour ne plaisait pas (ça, ça vous casse bien niveau confiance en soi), parce que j'avais les cheveux bouclés, parce que j'étais pas une assez bonne élève, parce que je lisais trop, parce que je savais plus de choses que les autres (en fait, ça s'appelle juste s'intéresser à des choses qu'on ne connait pas), parce que j'étais timide/coincée puis après certaines personnes ont enchaînées les rumeurs sur mon compte : lesbienne, gothique, sal*pe, et une ribambelle d'étiquettes aussi belles les une que les autres ❤️.
    Je changerais rien à ce qui s'est passé parce que sans toutes ces attaques, je serais sans doute pas la même. Et même si ça m'a souvent fait beaucoup de mal, je les emmerde tous aujourd'hui, j'ai plus de contact avec aucun d'entre eux...



  • Vous ai-t-il arrivé de vivre un rejet scolaire similaire ou avoir été témoin d'une autre personne l'ayant également vécu ?
    oui. et longtemps!
    J’étais dans une école catholique, avec des enfants qui avaient beaucoup de moyens.
    Je pensais complétement à l'envers des autres, et je n'avais pas l'habitude d'avoir de l'argent.
    Je n'avais pas eu la même éducation, j'arrivais d'un monde de bisounours
    et j'étais lâchée dans la jungle du "regarde ma nouvelle paire de Nike"
    Comment vous y avez fait face ?
    Un jour j'ai passé un concours, j'avais trouvé mon monde, et du coup, ma sérénité
    Est-ce que, avec le recul, vous avez réussi à vous expliquer pourquoi vous étiez rejeté par les autres ?
    Qui se ressemble s'assemble dit le dicton,
    alors les autres sont éjectés, c'est le principe. Faut tenir assez longtemps pour trouver son groupe, c'est le secret.


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