Et si on s'échangeait des poèmes et des jolis mots?



  • C'est peut-être dû à mon grand âge 😁 mais j'aime de plus en plus les beaux textes et la poésie. On pourrait s'échanger par ici qques textes, poèmes ou citations qui nous touchent et qu'on aimerait partager

    J'ai cité plus haut
    Fernando Pessoa "quand je vois le beau j'aimerais être deux"



  • J'aime ce poème de Jorge Luis Borgès "tu apprendras"

    "Après quelque temps, tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme….
    Et tu apprendras qu'aimer ne signifie pas s’appuyer,
    et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.

    Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…

    Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.
    Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses.

    Après un certain temps, tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop.
    Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner.
    Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.
    Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.
    Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation.
    Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais qui compte dans ta vie.
    Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir.
    Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.
    Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le plaisir de jouir de sa compagnie.
    Tu découvriras que souvent nous prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons…
    Tu apprendras que les circonstances, et l’ambiance qui nous entoure, ont une influence sur nous, mais que nous sommes les uniques responsables de ce que nous faisons.
    Tu commenceras à comprendre que nous ne devons pas nous comparer aux autres, sauf si nous désirons les imiter pour nous améliorer.
    Tu découvriras qu’il te faut beaucoup de temps pour être enfin la personne que tu désires être, et que le temps est court…
    Tu apprendras que si tu ne contrôles pas tes actes, eux te contrôleront.
    Et qu’être souple ne signifie pas être mou ou ne pas avoir de personnalité : car peu importe à quel point une situation est délicate ou complexe, il y a toujours deux manières de l’aborder.
    Tu apprendras que les héros sont des personnes qui ont fait ce qu’il était nécessaire de faire, en assumant les conséquences.
    Tu apprendras que la patience requiert une longue pratique.
    Tu découvriras que parfois, la personne dont tu crois qu’elle te piétinera si tu tombes, est l’une des rares qui t’aidera à te relever.
    Mûrir dépend davantage de ce que t’apprennent tes expériences que des années que tu as vécues.
    Tu apprendras que tu tiens beaucoup plus de tes parents que tu veux bien le croire.
    Tu apprendras qu’il ne faut jamais dire à un enfant que ses rêves sont des bêtises, car peu de choses sont aussi humiliantes ; et ce serait une tragédie s’il te croyait, car cela lui enlèverait l’espérance!
    Tu apprendras que, lorsque tu sens de la colère et de la rage en toi, tu en as le droit, mais cela ne te donne pas le droit d’être cruel.
    Tu découvriras que, simplement parce que telle personne ne t’aime pas comme tu le désires, cela ne signifie pas qu’elle ne t’aime pas autant qu’elle en est capable : car il y a des personnes qui nous aiment, mais qui ne savent pas comment nous le prouver…
    Il ne suffit pas toujours d’être pardonné par les autres, parfois tu auras à apprendre à te pardonner à toi-même…
    Tu apprendras que, avec la même sévérité que tu juges les autres, toi aussi tu seras jugé et parfois condamné…
    Tu apprendras que, peu importe que tu aies le cœur brisé, le monde ne s’arrête pas de tourner.
    Tu apprendras que le temps ne peut revenir en arrière. Tu dois cultiver ton propre jardin et décorer ton âme, au lieu d’attendre que les autres te portent des fleurs…

    Alors, et alors seulement, tu sauras ce que tu peux réellement endurer ; que tu es fort, et que tu pourrais aller bien plus loin que tu le pensais quand tu t’imaginais ne plus pouvoir avancer !
    C’est que réellement, la vie n’a de valeur que si tu as la valeur de l’affronter ! "
    ☀



  • @Maarie Ça m'a fait penser au poème "Si" de Rudyard Kipling.

    Ma petite contribution nocturne :

    Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

    Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.

    Enivrez-vous
    Charles Baudelaire - Le Spleen de Paris



  • @KypDurron oui oui comme tu as raison, merci du rappel 😊
    je mets ici l'une des traductions

    "If" de Rudyard Kipling

    Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
    Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir ;

    Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
    Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre ;

    Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
    Sans mentir toi-même d’un mot ;

    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
    Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

    Si tu sais méditer, observer et connaitre,
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
    Penser sans n’être qu’un penseur ;

    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être brave et jamais imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
    Sans être moral ni pédant ;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,

    Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
    Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
    Tu seras un homme, mon fils.



  • 😚

    Douceur

    Je dis : douceur.

    Je dis : douceur des mots
    Quand tu rentres le soir du travail harassant
    Et que des mots t'accueillentlivre_Guillevic_terre_bonheur
    Qui te donnent du temps.

    Car on tue dans le monde
    Et tout massacre nous vieillit.

    Je dis : douceur,
    Pensant aussi
    À des feuilles en voie de sortir du bourgeon,
    À des cieux, à de l'eau dans les journées d'été,
    À des poignées de main.

    Je dis : douceur, pensant aux heures d'amitié,
    À des moments qui disent
    Le temps de la douceur venant pour tout de bon,

    Cet air tout neuf,
    Qui pour durer s'installera.

    Eugène Guillevic
    "Terre à bonheur" - Editions Seghers, 1952, puis Collection Poésie d’abord, 2004



  • L'intelligence.
    L’intelligence dit que la fourmi travaille.
    L’amour dit qu’elle souffre.
    L’intelligence dit que la fleur est éclose.
    L’amour dit qu’elle est belle et va mourir.
    L’intelligence dit que la pierre est muette.
    L’amour dit qu’elle a peur de parler.
    L’intelligence dit que l’astre en cache d’autres.
    L’amour dit qu’il est seul dans sa gloire infinie.
    L’intelligence dit que la rivière coule.
    L’amour dit qu’elle passe et que c’est triste.
    L’intelligence dit qu’elle est lumière.
    L’amour dit qu’il accepte d’être aveugle.
    L’intelligence dit que le jour suit la nuit.
    L’amour dit que le jour et la nuit se confondent.
    L’intelligence dit qu’il faut comprendre.
    L’amour dit qu’on a tort de trop s’interroger.
    L’intelligence dit que l’oiseau vole.
    L’amour dit que l’oiseau est un dieu.
    L’intelligence dit que l’amour le dérange.
    L’amour dit qu’il envie l’intelligence.

    (Alain Bosquet)



  • "Quand je vois le beau, j'aimerais être deux." Fernando Pessoa



  • J'aime Pessoa!
    "De tout, il resta trois choses :
    La certitude que tout était en train de commencer,
    la certitude qu’il fallait continuer,
    la certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé.
    Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
    faire de la chute, un pas de danse,
    faire de la peur, un escalier,
    du rêve, un pont,
    de la recherche…
    une rencontre."



  • Bonsoir à tous,

    Mon passage préféré de Pierre Jean Jouve dans Hécate.

    Belle comme tu es, tu contiens un démon d’une espèce particulière. Depuis la naissance. J’aime ton démon. C’est un démon de débauche, de douleur, et de chasteté… Aussi je t’ai vue souvent comme la diane infernale qui préside aux enchantements. Elle n’est pas douce, elle n’a pas la lumière du jour.
    Ce n’est pas assez, ô Catherine. En toi, au milieu, est l’étincelle d’une autre lumière. L’étincelle du feu contraire. Je la nomme charité. Je l’éveillerai. Je l’éveille déjà. Dans ce réveil, ou cet éveil je me sauve enfin moi-même.



  • Bravo pour ces choix,j'aime Aragon, rené Char.....Et parfois,je tombe devant un seul vers,qui en dit tant!



  • « Dans un grain de sable voir un monde et dans chaque fleur des champs le Paradis, faire tenir l'infini dans la paume de la main et l'Éternité dans une heure. »

    William Blake



  • "Elle est debout sur mes paupières
    Et ses cheveux sont dans les miens,
    Elle a la forme de mes mains,
    Elle a la couleur de mes yeux,
    Elle s'engloutit dans mon ombre
    Comme une pierre sur le ciel.

    Elle a toujours les yeux ouverts
    Et ne me laisse pas dormir.
    Ses rêves en pleine lumière
    Font s'évaporer les soleils,
    Me font rire, pleurer et rire,
    Parler sans avoir rien à dire."

    • Paul Eluard, l'Amoureuse


  • Annabel Lee

    C'était il y a longtemps, très longtemps,
    Dans un royaume au bord de l'océan,
    y vivait une vierge que vous pourriez connaître
    Du nom d'Annabel Lee;
    Cette vierge vivait sans autre pensée
    Que de m'aimer et d'être mon aimée.

    Elle était une enfant et j'étais un enfant,
    Dans ce royaume au bord de l'océan,
    Mais nous aimions d'un amour
    qui était plus que de l'amour
    Moi et mon Annabel Lee,
    D'un amour tel que les séraphins du Ciel
    Nous jalousaient elle et moi.

    Et c'est pourquoi, il y a longtemps,
    Dans ce royaume au bord de l'océan,
    Les vents firent éclater un nuage et glacèrent
    Ma toute belle Annabel Lee ;
    Si bien que ses nobles parents sont venus
    Et l'ont emportée loin de moi
    Pour l'enfermer dans un tombeau
    Dans ce royaume au bord de l'océan.

    Les anges, loin d'être aussi heureux que nous au Ciel,
    Nous envièrent elle et moi :
    Oui ! C'est pour cela (comme chacun le sait
    Dans ce royaume au bord de l'océan)
    Qu'une nuit le vent surgit d'un nuage
    Et glaça, et tua mon Annabel Lee.

    Mais notre amour était beaucoup plus fort que l'amour
    De nos aînés, de bien des personnes
    Beaucoup plus sages que nous,
    Et jamais les anges du Ciel là-haut
    Ni les démons au fin fond de l'océan
    Ne pourront séparer mon âme de l'âme
    De ma toute belle Annabel Lee.

    Car la lune ne luit jamais, sans qu'elle me porte
    Des rêves d'Annabel Lee, la toute belle,
    Et les étoiles ne se lèvent jamais, sans que je sente
    Les yeux vifs d'Annabel Lee, ma toute belle,
    Ainsi, aux rives de la nuit, je me couche à côté
    De ma chérie! Ma chérie, ma vie, ma promise,
    Dans son tombeau, là, au bord de l'océan,
    Dans sa tombe, à côté de l'océan.

    Edgar Allan Poe

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